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Mozambique : Moody’s abaisse la note de la monnaie locale

Moody’s Ratings a abaissé la note d’émetteur à long terme en monnaie locale du Mozambique de Caa2 à Caa3.  Cette dégradation est due aux graves problèmes de liquidités du pays, accentués par les troubles politiques et sociaux qui ont suivi les élections générales d’octobre 2024.

Vendredi 28 mars à Londres, Moody’s Ratings a abaissé la note d’émetteur à long terme en monnaie locale du Mozambique de Caa2 à Caa3, mais a maintenu celle d’émetteur à long terme en devises à Caa2.  Cette dégradation de la note émetteur de la monnaie locale est due aux graves problèmes de liquidités du pays, accentués par les troubles politiques et sociaux qui ont suivi les élections générales d’octobre dernier.

L’UE veut aider le Mozambique à sortir de l’impasse politique 

Depuis octobre 2024, le Mozambique traverse une crise politique majeure, marquée par des contestations électorales. Ces tensions mettent à mal la confiance envers les institutions. Face à la situation délétère du pays, l’UE a appelé l’ensemble des acteurs politiques à s’impliquer dans un dialogue constructif. Celui-ci doit permettre de rétablir la confiance, d’accélérer les réformes essentielles et de répondre aux attentes du peuple mozambicain. Bruxelles réclame notamment la consolidation de la gouvernance démocratique, le respect des droits humains, la promotion du développement durable et l’instauration d’une économie inclusive pour relancer cet État lusophone.

Le gouvernement mozambicain confronté à des défauts de paiement 

Le contexte socio-politique  actuel de la Mozambique a aggravé les difficultés du gouvernement à refinancer sa dette et à gérer les pressions budgétaires. Ces difficultés ont entraîné des défauts de paiement, notamment des retards dans le remboursement des obligations nationales. L’État a dû mettre en place des enchères d’échange de dette afin de gérer le profil d’échéance de sa dette intérieure. Bien que ces échanges soient proposés sur une base volontaire, Moody’s estime que ce sont des opérations en difficulté et équivalentes à un défaut de paiement.

Le coût du service de la dette en devises gérable jusqu’à l’échéance de l’euro-obligation

Malgré ces problèmes, Moody’s a confirmé les notations de change. De leur côté, les autorités estiment que le coût du service de la dette en devises est gérable jusqu’à l’échéance de l’euro-obligation, entre 2028 et 2031. Cette échéance laisse au Mozambique le temps d’élaborer une stratégie de remboursement. S&P a également indiqué que les remboursements de la dette en devises étrangères resteront raisonnablement modestes jusqu’à ce que l’euro-obligation du pays soit amortie à partir de 2028.

La relance des projets GNL pourrait permettre au pays d’assurer le service de sa dette en devises

Moody’s prévoit toutefois que le Mozambique continuera d’être confronté à des problèmes de liquidité et à des pressions budgétaires à court et moyen terme. L’agence estime toutefois que les gains économiques potentiels du secteur du GNL en développement ou un engagement plus poussé auprès du Fonds monétaire international (FMI) pourraient permettre au pays d’assurer le service de sa dette en devises.

Le déficit budgétaire du Mozambique a atteint environ 5,7 % en 2024

Suspendu en 2021 pour cause de force majeure, le projet GNL de TotalEnergies au Mozambique devrait reprendre grâce au soutien financier de la Banque américaine d’import-export, confirmé récemment. Ce projet reste essentiel pour soutenir la croissance et la trajectoire budgétaire à long terme de la Mozambique. Le déficit budgétaire du pays s’est élevé à environ 5,7 % en 2024, contre 4,1 % en 2023. Notons que le gouvernement doit également gérer une insurrection islamiste dans la région de Cabo Delgado (nord-est). TotalEnergies a plusieurs installations dans cette province instable.